Après 3h de route et nos premiers lamas, on arrive en fin d'après-midi à Puerto Natales. On a fait pas mal de chemin vers le Nord et pourtant, cette petite ville nous fait davantage penser à une ville du bout du monde que Punta Arenas. Ici, l'emblème est le milondo (une espèce de yéti avec un long nez... Définition Google) et l'art tribal est très particulier. La ville est super sympathique: il y beaucoup de maisons colorées et la rue principale est bordée de restaurants et de petites boutiques. On aime beaucoup ! 

On se dirige donc à pied de la gare routière à notre auberge de jeunesse. On a réservé une chambre pour 1 nuit. Et oui !! On va dormir pour la première fois en auberge de jeunesse. On aurait adoré le faire avant bien sûr, pour l'échange avec d'autres voyageurs, mais malheureusement, beaucoup d'entre elles n'acceptent pas les enfants et celles qui les acceptent (en chambre privée) sont généralement très chères.

On s'installe donc dans cette petite auberge et Doo part à la recherche d'une voiture pour qu'on puisse explorer le parc national Torres del Paine à notre rythme dès le lendemain. On se voit mal faire des randonnées de 7h avec un petit de 5 ans et une limace boiteuse (c'est le surnom de Julia depuis Seoul) et on n'a pas non plus envie d'y aller en bus touristique qui s'arrête simplement trois fois pour des pauses photos... Mais louer une voiture ici semble plus compliquée que prévu. Il n'y a que deux agences ouvertes à cette heure-ci et elles n'ont plus de véhicules à louer. Tant pis, on va prendre notre temps. La ville nous plaît et l'auberge est super sympa. Alors on prolonge notre séjour de deux nuits. On finira bien par trouver une solution pour aller dans le parc demain... 

Le lendemain, après 8 agences de locations, dont 4 fictives (merci Google maps) et une "non officielle" plutôt chelou, on fini par trouver, avec un bol monstre, la dernière voiture à louer dans la ville (et la moins chère en plus). Le seul hic, c'est que le loueur n'arrive pas à prendre la caution nécessaire à la location sur notre carte de crédit... Punaise !!!! Il nous dit que les cartes de crédit françaises ne marchent jamais (mais qu'est-ce qui se passe entre le Chili et la France ???). Bref, on peut pas laisser passer cette voiture. Alors on appelle nos parents pour savoir s'ils ont une carte de crédit qui pourrait marcher. Le père de Julia a une MasterCard... mais elle ne marche pas non plus... Celui de Doo a une American Express... et elle marche !!! On est soulagé, on peut enfin profiter de cette journée et de la perspective d'une belle aventure. Merci (beau) papa !!!!

On passe le reste de la journée à flâner et on fait les courses pour notre repas du soir mais aussi pour les prochains jours dans le parc (ça sera des sandwichs pendant 2 jours). On passe la soirée dans la salle commune/cuisine de l'auberge à échanger avec les autres voyageurs qui se préparent eux aussi pour leur aventure dans le parc. Tout le monde est adorable avec Côme et on aime vraiment l'ambiance ici.

Le lendemain matin, on se met en chemin vers le parc. La route est magnifique et dès qu'on peut, on s'arrête pour admirer les points de vue. On fait de nouveau un road trip !!! 😄 Le soleil brille, le paysage est incroyable, on fait juste attention à ne pas s'envoler parce que le vent souffle très fort ici aussi. Au bout de deux heures et demie de route, on arrive au parc. Il est juste sublime !!!

Notre premier arrêt (à Salto Chico), nous amène au bord d'un lac sur un ponton de bois. Après une dizaine de minutes, on arrive sur une colline à la vue tout simplement magnifique. On décide alors d'y pique niquer. Bon, on vous cache pas que malgré la vue, c'est pas le pique nique le plus agréable de notre vie. Le vent est tellement fort que nos tranches de fromage menacent de se faire la malle à chaque bouchée... 😁

On reprend ensuite la voiture vers un autre lac, le lac Pehoé. Il y a un point de vue scénique très joli: un pont de bois mène à un îlot où se trouve un établissement hôtelier. Après une courte exploration on reste un moment sur le bord du lac pour que Côme puisse jeter quelques kilos de galets dans les ondes.

Notre prochain arrêt nous amène à Salto Grande, une chute d'eau. Après une courte marche contre le vent, on arrive à cette chute dont le débit peut remplir 100 000 bouteilles de 1L par seconde (ou 1000 douches de 10 minutes selon un panneau informatif... chaque seconde !!!!)... C'est fou non ?!

On revient ensuite sur nos pas pour une dernière balade au Lago Grey. Notre promenade commence dans une forêt magnifique puis continue vers le bord du lac. On peut y voir quelques petits icebergs (les premiers que l'on voit), mais on ne pourra pas s'approcher davantage. Notre balade est écourtée par un vent bien trop violent. Un vent qui nous empêche d'avancer sereinement et qui n'épargne personne. Ici, même les oiseaux font du sur place alors qu'ils battent frénétiquement des ailes (ça aussi c'est une première et c'est déconcertant). Côme et Doo essaieront eux-aussi de s'envoler d'un bond mais n'arriveront qu'à reculer d'un bon mètre dans les airs...

Après avoir vu des paysages magnifiques, des condors et quelques lamas, notre belle journée se terminera sous la voie lactée, dans la voiture (le camping étant ici beaucoup trop cher). Ça sera deux nouvelles premières pour Côme qui n'a jamais vu la voie lactée et qui n'a bien évidemment jamais dormi dans une voiture. Il dormira comme un bébé, de toute sa longueur, sur la banquette arrière...

Le lendemain, la météo est un peu moins clémente et les vents sont encore plus forts que la veille. Certains chemins de randonnée sont même fermés au public. Un garde forestier nous conseille alors de faire la balade du mirador del condor, plus accessible et dont la vue est magnifique. Sur le chemin qui nous mène au sommet, on passe par une forêt d'arbres brûlés magnifique, puis le chemin devient un peu plus escarpé et on finit par arriver entre deux falaises. Le vent, déjà très fort, s'engouffre alors avec une violence qui nous empêche de continuer. Côme a très peur. Julia ne parvient plus à bouger. Doo les redescend alors en lieu sûr, à l'abri d'un gros rocher et continue ensuite seul jusqu'au-delà de ces falaises en s'amusant à se prendre pour un oiseau. Le vent est tellement fort qu'à chaque saut dans les airs, il fait un écart de 3 bons mètres...

Mais Doo revient vite, Côme et Julia sont déjà en train de s'inquiéter. Le sommet est encore trop loin (15 bonnes minutes de marche) et innaccessible, mais on est plutôt content d'être arrivé jusque là. On redescend tous les trois tranquillement la montagne et quand on arrive en bas, c'est déjà le début de l'après-midi. On décide alors de rentrer sur la ville en espérant qu'il y ait une chambre libre dans notre petite auberge de jeunesse.

Et quelle chance !!! Une chambre libre nous y attend. On a l'impression que Côme a retrouvé sa maison. 😊 Mais cette fois, la maison est vide. Tout le monde est parti en trek et on peut cuisiner un grand repas en utilisant toutes les casseroles rien que pour nous. 😉 Demain, notre aventure chilienne prend déjà fin. On part en Argentine !!!

Ces jours-ci, Côme :
N'a pas compris : pourquoi le vent était aussi fort.
A appris : que les sièges de voiture pouvaient se rabattre super loin en arrière.
A aimé : voir les lamas et avoir la voiture.

Julia :
N'a pas compris : comment les gens parvenaient à faire des randonnées avec des sacs aussi lourds.
A appris : que le vent pouvait souffler extrêmement fort.
A aimé : la couleur de l'eau du premier lac.

Doo :
N'a pas compris : pourquoi les arbres étaient brûlés.
A appris : qu'il y avait des vaches au bout du monde.
A adoré : sauter dans le vent.

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